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La conscience - Philosophie - Terminale L

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Télécharge gratuitement notre cours sur la conscience rédigé par un professeur de philo, tout 1er cours du chapitre sur le Sujet en Philosophie.

Propre de l’homo sapiens sapiens, l’homme qui sait qu’il sait, la conscience est aussi ce qui nous distingue magistralement de l’animal, qui n’a pas, lui, de conscience intellectuelle de lui-même mais seulement une conscience sensorielle.

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Le contenu du document

Ce cours sur la conscience est généralement le premier chapitre ouvrant le cours de philosophie. Propre de l’homo sapiens sapiens, l’homme qui sait qu’il sait, la conscience est aussi ce qui nous distingue magistralement de l’animal, qui n’a pas, lui, de conscience intellectuelle de lui-même mais seulement une Femme De Yellow core grey Adidas 6 Running Boston solar Adizero W Gris Two Black Chaussures conscience sensorielle.

Or l’homme se définit avant tout, ici, par son esprit, la conscience n’étant que le reflet de la perception consciente qu’il a de lui-même. Magistralement, nous verrons qu’elle se trouve dans l’introspection, cette expérience visant à s’observer soi-même. La conscience, nous la définirons, comme l’étymologie nous l’indique, est comme une sorte de connaissance, la connaissance que tout sujet a de lui-même. 

Mais cette définition originelle ne sera pas sans poser problème : si je ne suis que ce dont je suis conscient, que faire de toutes ces parties inconscientes en moi ? Si je ne suis que ce qui ressort d’une observation introspective, comment croire en la sincérité de cette connaissance ? Comment l’observateur que je suis peut-il rester neutre face à l’observé que je suis également ? Enfin, dès lors que je prends conscience de moi-même, suis-je encore ce que j’étais à l’instant, ou la distanciation que cela implique n’a-t-elle pas altéré les choses ? Donc, ce que je suis peut-il vraiment être ce moi délimité par la conscience ou ce moi n’est-il pas qu’une illusion métaphysique, ou encore ne suis-je pas un sujet en perpétuelle construction, en perpétuel devenir, qui impliquerait quelque part une part obscure pour la conscience ? 

Ce cours servira à répondre à toutes ces questions, en les regroupant autour d’une seule : la conscience est-elle vraiment une connaissance ? 

PRÉREQUIS

Aucun prérequis, c’est un cours de débutant en philosophie, aucune crainte ! Il faut juste être vigilant quant aux distinctions conceptuelles employées et au vocabulaire spécifique utilisé.

OBJECTIFS

Le moi et la personne, le cogito cartésien, l’introspection, l’inconscient psychique, l’identité personnelle et ses critiques.

Introduction

A. Définition et étymologie

La conscience c’est la faculté qui permet à un individu de prendre connaissance de ses actes, et en particulier de l’activité de son esprit. Elle est donc une forme de connaissance. 

C’est ce que semble confirmer l’étymologie : “cum sciencia” qui signifie “avec connaissance, accompagné de savoir”. De même, les expressions “perdre conscience” ou “perdre connaissance”, que l’on emploie indifféremment, témoignent de cette proximité entre la conscience et la connaissance.

B. Problématique générale : quel type de connaissance est la conscience ?

Toutefois, un problème se pose : dans quelle mesure la conscience de soi est-elle une connaissance de soi ? La possibilité d’une telle connaissance supposerait une stabilité, une permanence de mon être, or je fais l’expérience d’un changement continuel en moi-même, à chaque instant j’ai affaire à une pensée différente, et je ne suis physiquement plus le même que j’étais bébé ou enfant. 

La conscience serait alors le moyen d’éprouver que je ne demeure pas absolument le même, qu’il y a une altérité au cœur même de moi : « Je est un autre », disait à cet égard Rimbaud. Cette altérité, cette altération constante de moi-même, n’est-elle pas de nature à compromettre la connaissance que je peux avoir de moi ? Et puis, que signifie “moi-même” ? Cela supposerait une coïncidence à soi qui n’est peut-être jamais donnée. Dès lors, puis-je me connaître ? Et suis-je ce que j’ai conscience d’être ?

I. L’EXPÉRIENCE DE LA CONSCIENCE

A. Que le vrai moi est avant tout intérieur

Que suis-je ? Qui suis-je ? Qu’est-ce qui fait mon identité ? Ce ne peut être mon apparence physique, mon visage, qui, tout aussi personnels qu’ils soient, changent avec le temps, au point qu’un ami perdu de vue aura du mal à me reconnaître après une longue absence. La “personne” ne se réduit donc pas à l’apparence physique. Si l’on m’aime pour ma beauté, on ne m’aime pas, moi. Qu’est-ce donc que ce moi ? Mon code génétique ? 

Les scientifiques nous disent qu’il est unique. Pourtant, deux frères jumeaux possèdent une identité qui interdit de les confondre. Le moi consisterait donc plutôt en quelque chose d’intérieur. Certes, mon caractère peut changer lui aussi, mais on pourrait supposer l’existence d’un noyau stable, que l’on pourra appeler le moi. L’identité est ainsi à chercher dans la conscience plutôt que dans le corps.

Moi seul peux donc savoir qui je suis. « Les murs de nos consciences nous séparent », disait à cet égard Husserl (Méditations cartésiennes). Par conséquent, ma véritable personnalité s’identifie avec la partie la plus intime, la plus cachée de moi-même, celle que moi seul puis connaître : l’intériorité de ma conscience. Le vrai moi est caché. Mais alors ma subjectivité m’isole de façon irrémédiable. 

Elle est à l’origine d’une solitude essentielle, d’une solitude irréductible parce que tout homme est nécessairement un étranger pour les autres. Entre deux sujets, deux intériorités, il n’y a pas de lieu commun, pas d’espace commun. Entre autrui et moi, il y a une distance. Cette distance est absolue car elle est la distance qui sépare deux sujets. Entre deux objets, la séparation n’est que relative, la distance est seulement spatiale, mesurable, mais entre autrui et moi, la distance est infinie, absolue, incommensurable. Il n’y a donc bien que le sujet pour se connaître lui-même.

B. Le cogito ou la connaissance intérieure

C’est Descartes qui invente à proprement parler la notion de conscience à travers l’expérience du cogito. Après avoir mis en doute toutes ses connaissances, il affirme l’évidence de sa propre existence, dont témoigne précisément la conscience qu’il a de soi : « Cette proposition : je suis, j’existe, est vraie chaque fois que je la prononce ou que je la conçois en mon esprit » (Méditations métaphysiques, II). Cette découverte n’est pas la conclusion d’un raisonnement logique (d’un syllogisme), mais le fruit d’une expérience intérieure, faite sur soi-même. 

Dans le Discours de la méthode, Descartes avait d’abord employé la formule, célèbre mais ambiguë : "Je pense donc je suis". Cette formule, que Descartes a abandonnée dans ses ouvrages postérieurs, peut en effet suggérer l’idée fausse que le "je pense" est la conclusion d’un raisonnement. 

Mais nul besoin ici de logique : il suffit d’éprouver, de sentir, de prendre conscience que je pense, pour m’assurer, instantanément, de mon existence. Il ne s’agit pas d’un raisonnement mais d’une intuition. L’intuition est, selon l’étymologie, une sorte de vision, une vision immédiate de l’esprit, qui s’impose directement à moi. Ainsi le cogito n’est pas discursif mais intuitif, c’est pourquoi il est permis de parler à son sujet non seulement de certitude, mais aussi d’évidence. 

Pour Descartes, donc, la conscience se trouvant dans le cogito, elle se définit par la pensée. La pensée et la conscience s’impliquent si bien l’une l’autre qu’elles s’identifient.

REPÈRES. Le cogito, d’importance magistrale pour la conscience car il en fait une épreuve de soi-même dans l’acte de penser, a été inventé par Descartes à la fois dans le Discours de la méthode et les Méditations métaphysiques. Mais le second ouvrage enlève l’aspect syllogistique du cogito pour ne pas en faire un raisonnement logique mais bien un sentiment de soi.

II. L’INTROSPECTION ET SES LIMITES

Grâce à la conscience, l’homme dispose d’une faculté qui lui permet d’avoir connaissance de toute son activité intellectuelle. Par conséquent, le sujet doit pouvoir se connaître lui-même. Si la conscience est bien une sorte de connaissance intérieure, il doit être possible de se livrer à une psychologie à la première personne, ou à ce qu’on appelle introspection, à savoir la connaissance de soi par soi

Mais s’agit-il d’une véritable connaissance ? Chacun fait l’expérience de la difficulté de se connaître soi-même et on observe souvent que les autres se trompent sur leur propre compte, de sorte que ce que je suis et ce que je crois être d’après les informations livrées par ma conscience ne coïncident pas forcément. L’introspection soulève notamment trois problèmes :

  • elle va limiter ma connaissance à ce qui est conscient, de sorte que s’il y a un inconscient, il restera nécessairement inconnu ;
  • c’est une méthode subjective, que l’on peut soupçonner de n’être pas sincère : l’observateur n’étant pas neutre puisqu’il est l’objet de son observation ;
  • et puis, du seul fait que je m’observe, ne vais-je pas modifier ce que je suis ?

A. Et si une partie de moi était inconsciente ?

Pour que mon être réel et mon être tel qu’il m’apparaît coïncident exactement, il faudrait d’abord que je n’ignore rien de ce que je suis. La conscience que j’ai de moi-même, autrement dit, doit être complète, sans qu’aucune partie de mon esprit ne soit inconsciente. Pourtant, le moi est le siège de bien des choses inconscientes.

Leibniz évoque ainsi les « petites perceptions » ou « perceptions insensibles », des perceptions inaperçues. Dans les Nouveaux essais sur l’entendement humain, il donne l’exemple d’une vague que j’entends s’écraser contre un rocher. Ce dont j’ai conscience, c’est d’un bruit unique, un bruit sourd, un grondement. 

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Or, nous dit-il, ce bruit est en réalité composé de la multitude des petits bruits provoqués par l’infinité des gouttes d’eau qui composent la vague. Cette infinité de petits bruits, je l’entends, car si je ne les entendais pas, leur somme ne pourrait pas produire ce grondement qui est celui de la vague (une infinité de petits riens ne peut faire un bruit). Je les entends donc, mais sans pouvoir les distinguer, sans en avoir conscience, sans m’en apercevoir. Il y a donc des perceptions qui ne sont pas conscientes.

Bien d’autres exemples existent, un cartésien dirait que l’on ne peut parler sans en avoir conscience. Pourtant, ne peut-on pas parler sans penser à ce que l’on dit ?

Freud explique quant à lui que « le psychique en toi ne coïncide pas avec ce dont tu es conscient ; ce sont deux choses différentes, quelque chose se passe dans ton âme, sans que tu en sois par ailleurs informé » (L’inquiétante étrangeté). 

Ce que montrent notamment les rêves, les lapsus, les actes manqués... Pour Freud, c’est même la plus grande partie du moi qui est cachée. Parfois, un souvenir qu’on croyait effacé de la mémoire, resurgit. Ne serait-ce pas le signe que le moi conscient n’est que la partie émergée du moi ? Comment, dans ces conditions, affirmer qu’il est possible de se connaître soi-même de façon complète et achevée ? 

REPÈRES. L’inconscient psychique a été théorisé pour la première fois par le psychanalyste Freud, qui fut le premier à penser ce dernier comme une réalité et non comme un simple défaut (l’absence de conscience). Dans un cours sur la conscience, il est l’élément de contrepoids par excellence.

B. Suis-je sincère lorsque je m’introspecte ?

Une difficulté supplémentaire, c’est que l’introspection, pour être une connaissance, doit viser la vérité. Par conséquent, elle doit être sincère. Or, celui qui s’observe peut avoir intérêt à cacher une partie de ce qu’il découvre, de façon plus ou moins consciente. 

En réalité, même si l’introspection se présente comme une conduite de sincérité, son but réel n’est pas la connaissance de soi mais bien plutôt un but cathartique, purifier son âme. Grâce à l’introspection s’opère une prise de distance par rapport à soi. On se libère de ce qu’on était pour ne plus l’être.

Non seulement l’introspection a bien souvent un autre but que la sincère connaissance de soi-même, mais toute prétention à la sincérité est suspecte, selon Sartre. Prétendre être sincère, prétendre décrire ce que l’on est, c’est même selon lui le comble de la mauvaise foi (L’Être et le néant, I, II).

C. La distance à soi

Être conscient de ce que l’on est, c’est aussitôt ne plus l’être, être déjà au-delà, c’est avoir pris un recul. Prendre conscience de soi suppose une sorte de dédoublement entre moi comme objet et moi comme sujet. On ne peut prendre conscience que de quelque chose de différent de soi, on ne peut observer quelque chose que si l’on s’en distingue, qu’en l’observant de l’extérieur, en le surplombant. Je ne peux contempler le panorama que si je prends de la hauteur. 

De la même façon, si j’adhère à moi-même, si je coïncide avec ce que je suis, la conscience de moi-même est impossible. La conscience de soi est impossible si ne s’introduit pas en moi une distance, une séparation, un dédoublement (de même que si j’ai les yeux collés sur l’objet, il m’est impossible de le voir ; il faut un recul). 

Avoir conscience d’être ceci ou cela, c’est déjà ne l’être plus tout à fait, ou ne l’être plus de la même façon. Autrement dit, à la manière de tout instrument d’observation, la conscience risque de dénaturer, d’altérer son objet. Par exemple, prendre conscience que l’on est amoureux, c’est déjà ne plus l’être de la même façon car on cesse de se contenter de vivre son amour. 

Ou encore, avoir conscience que l’on a commis une faute, c’est déjà être en voie de la dépasser, c’est déjà s’en repentir. L’avouer, c’est une façon de s’en libérer. La faute dont j’ai conscience perd de son poids car elle n’est plus vécue, elle devient un objet de conscience, voire un objet de connaissance, d’analyse. La conscience fait de la faute un objet, quelque chose qui existe désormais comme séparé, détaché de moi, que je peux analyser froidement.

Être conscient de soi, c’est donc ne pas être, qui implique demeurer, mais exister, être en devenir, être toujours déjà autre que soi. À chaque instant, je ne suis déjà plus ce que j’ai conscience d’être, puisque la conscience suffit à modifier ce qui est à connaître, à la manière dont un instrument d’optique modifie et déforme l’objet à observer.

La conscience, donc, modifie, altère son objet. Ainsi, vivre en ayant conscience de vivre n’est plus la même chose que vivre simplement. Vivre, avec en plus la conscience de vivre, c’est ce que les philosophes existentialistes appellent, à partir de Kierkegaard, « l’existence ». Le terme d’existence, auparavant, est synonyme d’être (Descartes ne les distingue pas : « je suis, j’existe »). 

L’existentialisme les distingue parce qu’il donne un sens précis et inhabituel au verbe « exister ». L’existence n’est distinguée de l’être qu’à partir du moment où l’on analyse la conscience comme pouvoir de mise à distance de soi. La conscience trouble, modifie son objet (à la façon dont parfois, gêné par le regard d’autrui, on modifie son comportement). Exister, c’est ainsi autre chose que se contenter d’être ou de vivre car la réflexion trouble l’action, car le geste effectué de façon réflexe, automatique, n’est pas accompli de la même manière si l’on pense à ce que l’on fait.

La conscience de soi introduit donc une rupture, une séparation, une distance d’avec soi-même. Elle implique une division à l’intérieur de soi-même, une séparation entre soi comme sujet et soi comme objet de conscience. Elle implique une modification. À mesure que je prends conscience de ce que je suis, je ne le suis déjà plus, précisément parce que j’en prends conscience.

 La conscience suscite donc une altération incessante.  L’homme est donc toujours en devenir. Et l’homme est en devenir perpétuel du fait même qu’il prend conscience de lui-même. Comment alors pourrait-il espérer se connaître ?

III. L’IDENTITÉ PERSONNELLE

La possibilité d’une connaissance de soi semble compromise, pour les raisons qui précèdent. Je change sans cesse. Cependant, je ne suis pas rien. Il est vrai que je fais l’expérience en moi d’un changement continu. Mais chacun a aussi bien le sentiment d’une identité personnelle. Chacun a conscience, malgré ce changement, de rester cependant le même d’un bout à l’autre de sa vie.

Cet enfant que j’étais, certes, je ne le suis plus, mais c’était bien moi tout de même. Que faut-il donc entendre par ce mot : « moi » ? Qu’est-ce que le moi ? Comment expliquer ce sentiment de l’identité personnelle ? 

Pour expliquer la conscience de cette identité, on pourra supposer que quelque chose reste identique. Quelque chose, en moi, dans mon esprit, ne change pas. Ce fond stable de ma personnalité, c’est ce que l’on pourra appeler le moi. Il serait ce qui n’est pas affecté par les changements. Il resterait toujours comme un noyau stable, qui assurerait une certaine permanence à ma personnalité. Que penser d’une telle hypothèse ?

A. Critique de l’idée du moi

"Quand je pénètre au plus intime de ce que j’appelle moi-même, c’est toujours pour tomber sur une perception particulière ou sur une autre : une perception de chaud ou de froid, de lumière ou d’obscurité, d’amour ou de haine, de peine ou de plaisir. Je ne peux jamais me saisir moi-même sans une perception, et je ne peux rien observer que la perception.

Quand mes perceptions se trouvent interrompues, comme par un profond sommeil, aussi longtemps que cet état dure, je n’ai pas le sentiment de moi-même, et l’on peut vraiment dire que je n’existe pas ; et si toutes mes perceptions étaient supprimées par la mort, si je ne pouvais plus ni penser, ni sentir, ni voir, ni aimer, ni haïr, après la dissolution de mon corps, je serais entièrement annihilé, et je ne conçois pas ce qu’on demande de plus pour faire de moi une parfaite non-entité.

Si quelqu’un, réfléchissant à cela sérieusement et sans préjugé, pense avoir une notion différente de lui-même, j’avoue qu’il m’est impossible de raisonner plus longtemps avec lui. [...] Peut-être perçoit-il quelque chose de simple et de continuellement existant qu’il appelle lui-même, quoique je sois certain qu’il n’y a pas en moi un tel principe. "

Hume, Traité de la nature humaine, I, IV, 6.

L’hypothèse de l’identité, pour Hume, n’est qu’une illusion. Le moi n’est qu’une chimère, dont rien ne permet de confirmer la réalité. En effet, quand je pratique l’introspection, à la manière de Descartes, qu’est-ce que je trouve en moi ? Je fais l’expérience d’un ensemble d’états psychologiques, d’actes intellectuels, un flux de contenus de conscience, une série de perceptions. 

Toujours une perception particulière, bien déterminée : la perception de ceci ou de cela, la conscience de quelque chose, mais jamais la conscience elle-même. J’éprouve une continuité de pensées, de sentiments qui se succèdent. 

Ce que j’éprouve là, c’est une pure multiplicité. L’introspection pour Hume ne me permet pas de dire ce que je suis, ne me permet pas de découvrir un élément stable qui serait moi. Au contraire, sous le regard de l’introspection, le moi se dissout en une multiplicité. Laissée à elle-même, la vie intérieure est une prolifération indéfinie. La question est : d’où vient alors l’unité ?

Comment ces états sont-ils liés ensemble, qu’est-ce qui autorise à dire qu’ils constituent une seule personnalité ? D’où vient l’unité qui fait mon identité personnelle, qui fait que je peux dire “je” ? Hypothèse : quelque chose, en moi, reste identique. Sous cette multiplicité se cache un élément stable. Le moi serait le support de toutes les modifications de la conscience. 

Ce moi serait une substance. La substance : ce qui subsiste, ce qui reste identique malgré les changements. Mais ce que constate Hume, c’est que l’introspection ne me permet en aucun cas de découvrir une telle réalité. Il est impossible de faire l’expérience du moi. Il en conclut, à la fin, que le moi n’existe pas. Il s’agit d’une hypothèse. 

Le moi, par définition, serait caché sous ce qui apparaît. Lui-même n’apparaît pas. Il est effectivement impossible d’en faire l’expérience. Et il faut bien reconnaître que ce moi a quelque chose de mystérieux. C’est une hypothèse que rien ne permet de démontrer. 

Le moi, ou ce que Descartes appelle l’âme, est censé assurer la continuité de mon identité à travers le temps. Si je reste le même en des moments différents, c’est que malgré les changements qui m’ont affecté, j’ai conservé le même moi. Ce moi reste inchangé pendant le sommeil, de sorte que je conserve mon identité à mon réveil. 

Il pourrait même (Descartes ne l’affirme pas, mais il pense que c’est possible) que ce moi survive à la mort du corps. Femme W Black De Running Two Yellow solar Adidas core 6 Chaussures grey Adizero Boston Gris Hume considère tout cela comme de la pure imagination. Je ne suis rien de plus qu’un ensemble de perceptions, ou de pensées, puisque je ne peux rien découvrir de plus en moi-même. Par conséquent, lorsque je cesse de penser ou de percevoir, je ne suis plus rien. 

Et lorsque je cesserai de percevoir de façon définitive, rien ne survivra, puisque je me réduisais à ces sensations. Pour Hume, je ne suis rien de plus qu’une somme de perceptions. Je suis cette multiplicité. L’identité ou l’unité sont un mythe. Le moi est un mot vide.

B. Le moi comme construction et non comme donné

Peut-on nier absolument l’identité de la personne ? L’objection que l’on ne peut manquer d’adresser à Hume, c’est que, tout de même, ma vie présente à mes yeux une continuité, j’ai conscience d’une certaine unité de mon passé à mon présent. Certes, on doit renoncer à l’idée d’identité si, par ce mot, on entend une absence de changement. 

Certes, je change, mais cela n’exclut pas que je possède une identité. Avoir une identité, c’est être soi, sans rester forcément identique. L’identité en ce sens n’exclut pas le changement. Elle résulte de l’effort par lequel, progressivement, je la construis.

Si nous étions ainsi que le dit Hume, qu’est-ce que cela donnerait ? Nous ne pourrions vivre qu’une série de sensations sans unité. Oliver Sacks, dans L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau, cite un cas assez effroyable d’amnésie, qui donne une idée de ce nous serions si Hume avait raison. Un de ses patients est atteint du syndrome de Korsakov, qui se traduit par une amnésie rétrograde. 

Dans l’amnésie telle qu’on la connaît habituellement, le sujet a oublié ce qui est antérieur à une certaine date, tandis qu’il se souvient de ce qui est arrivé depuis. Dans le cas cité par Sacks, le malade se souvient du passé d’avant le déclenchement de sa maladie, mais oublie tout le présent au fur et à mesure qu’il le vit. Il se croit encore en 1945. 

Et son médecin, à chaque visite, doit à nouveau se présenter. Son existence n’est plus qu’une succession décousue d’instants sans unité. Beaucoup de maladies mentales se caractérisent par une dislocation du moi. C’est ainsi qu’on a d’abord défini la schizophrénie (du grec schizein, fendre, scinder). Les formes de maladies mentales les plus graves, les psychoses, sont communément définies par des troubles de l’identité, ou par l’effondrement de la personnalité. La normalité, entendons par là la santé, suppose une unité.

Accordons toutefois à Hume qu’il faut sans doute renoncer à l’idée d’un « moi » qui serait déjà constitué dès la naissance. Je n’ai pas une identité d’emblée. L’enfant n’apprend pas à dire “je” immédiatement. La conquête de sa propre identité suppose un travail de synthèse par lequel on reprend à son compte et l’on intègre les diverses données de mon existence. Mon identité, je l’élabore progressivement, par une sorte de discours sur moi-même, une histoire cohérente de moi dans laquelle j’essaie d’intégrer mes actes, mon passé, ce que j’ai pu éprouver.

Et parfois, je me surprends moi-même, j’agis d’une façon qui ne correspond pas à l’idée que je m’étais faite de moi. Il y alors discordance, et il me faut la dissiper. C’est vital, car en l’absence d’unité, ce qui guette, c’est la folie. 

Cette élaboration de mon identité est parfois laborieuse, on traverse parfois des crises d’identité. Pour parvenir à un récit sur soi cohérent, il est même parfois nécessaire d’oublier une partie de son passé. Les conduites de mauvaise foi pourraient ainsi s’expliquer par la nécessité qu’il y a à se fabriquer une identité...

Conclusion

La conscience de soi n’est pas une connaissance. En effet, ce n’est pas parce que j’ai conscience de moi-même que, pour autant, je me connais. Ce n’est pas parce que j’ai conscience de mes pensées que je suis capable de les définir. En outre, l’idée d’un moi qui resterait identique malgré les changements semble devoir être abandonnée, faute de fondement dans l’expérience.

Running Two core De Black 6 Femme Boston grey W Adizero Gris Adidas Chaussures Yellow solar La conscience de soi n’est pas une connaissance, elle est plutôt le moyen par lequel je me donne, je me construis une identité. En tant que connaissance, elle ne peut donc être qu’en retard, en décalage perpétuel par rapport à mon effort sans cesse repris pour donner un sens cohérent à mon existence. 

De plus, pour que l’image que je me forme de moi-même soit cohérente, il est parfois nécessaire que je refoule certains aspects de mon passé qui seraient en désaccord avec cette image que j’ai de moi-même.

LE PETIT + DANS TA COPIE

Sur cette notion fondamentale en philosophie qu’est la conscience, on attend de toi de connaître parfaitement tes classiques, de maîtriser notamment le cogito de Descartes, la mauvaise foi de Sartre, les nuances apportées par les existentialistes et les critiques de Hume. Cette notion étant classique suppose donc une connaissance accrue de ses propres classiques !

POUR ALLER PLUS LOIN …

Pour approfondir ce cours sur la conscience, n’hésite pas à lire en entier les deux premières Méditations métaphysiques de Descartes, qui mettent en scène le cogito. Tu trouveras là un excellent exemple de démonstration, d’une part, la rigueur logique de Descartes n’étant plus à prouver, mais d’autre part, une preuve de la conscience non démonstrative en tant que telle puisque Descartes établit la conscience sur le sentiment de soi.

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Bac série littéraire : les œuvres inscrites au programme de littérature 2019
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Les avis sur ce document

20/20

Ah vraiment ce document me servira beaucoup pour mon bac, merci.

par - le 28/09/2017
20/20

En effet c'est un cours complet que nous proposons ici, à vous de piocher les informations dont vous avez besoin :)

par - le 13/06/2017
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4/20

C'est un cours et non une fiche de révision. Je m'attendais à quelque chose de synthétique et non 18 pages de PDF.

par - le 05/06/2017
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